Rouge : le cercle de Couët Krann

C’est déjà lundi avec une découverte littéraire proposée par Marathon Éditions  que je partage aujourd’hui avec vous

Rouge : le cercle de Couët Krann – Muriel Ferwerda

Avouez que le titre est intrigant, je me suis demandée ce qui était rouge, sachant que j’ai le rouge en horreur. J’avoue cependant que la couverture est tout simplement magnifique et que c’est avec regret que j’ai lu la version numérique. Une introduction qui n’a rien de littéraire mais qui ne peut rien dévoiler de ce qui va suivre.

Paisible et fragile

Dans de nombreuses légendes, il est dit que Les Gobelins Malveillants font entre cinquante et soixante centimètres. Noirauds, contrefaits, velus, « durs et nerveux, constitués de la carne recuite et fumée des dyables », ils sont bossus, pointus et griffus de partout, ridés plissés, grêlés. Ils se nourrissent de viande avariée et de sucreries. Ils s’enveloppent à plaisir de loques sales et puantes. Les égouts, les décharges publiques, les cloaques et endroits nauséeux sont leurs habitats, ainsi que les maisons hantées, les caves, les immeubles désaffectés, les quartiers lépreux où rôdent le vice et le crime. Leurs relations sont basées sur la loi du plus fort : la guerre

Dans le royaume de Blangerval, le Roi Darleon a exilé des hordes de Gobelins sur la lune noire pour vivre enfin sur une terre paisible. Mais chez les hommes, la paix est fragile.

Darakchan

Darakchan, sorcier, guérisseur et homme influent arrive au conseil du royaume en séduisant le roi par une méthode peu louable. La paix est ennuyeuse pour un tel homme sans amour ni conscience. Seule son ambition lui a montré le chemin du Royaume. Il parvient à promulguer des lois afin de mettre fin à des coutumes ancestrales jugée immorales.

Le roi, endoctriné par le sorcier, ne s’oppose pas et la peur s’installe ainsi que la mise à mort de ceux qui ne respectent pas ces nouvelles lois. Seuls les Elfes et les Gnomes regardent ces changements comme un mauvais présage.

« Alors que les lois du royaume ne faisaient jusque là que peu de distinction entre les droits des uns et des autres, les femmes se virent brusquement mises au ban de la société. »

Un adorable trio

Les Gnomes vivent dans des bois, calmes, et ne sont pas dérangés. Le lecteur les rencontre cependant dans un délicieux voyage. La plume de l’auteur est si fine que si vous fermez les yeux, vous sentirez les arbres après l’averse, l’odeur d’humus, les champignons et entendrez l’orage. Vous verrez vos pieds dans la terre saturée d’eau. L’accueil de ces bois nous fait, l’espace d’un instant, oublier la violence des hommes.

Dans cette douceur aux mille senteurs, j’ai fait la rencontre de Lacerte, Blarel et Faroux : des Gnomes , trois frères. Des personnages attachants dont le caractère est bien marqué malgré leur petite taille ;). Ces petits personnages possèdent des parchemins, des livres, des grimoires… dans une bibliothèque exceptionnelle.

« Les Gnomes connaissaient tout et se transmettaient le savoir dans leurs écrits depuis des temps immémoriaux. Tout comme les Elfes, ils étaient conscients que l’harmonie de la terre d’Escalon dépendait de la répartition équitable de la magie entre les créatures terrestres. »

Mais de tout temps, l’homme a cherché à tout posséder, tant pis pour l’équilibre. Les Gnomes sont des petites créatures proches de la nature et sont restés intuitifs. Ils sont dans l’immense bibliothèque à la recherche d’un texte, une prophétie qui les aidera à rétablir cet équilibre.

« Pas un, mais une enfant. Regarde la fin de la prophétie : *venues* est au féminin; Rana parle de deux sœurs. Et l’enfant est visionnaire, elle voit ce qui adviendra demain, répondit Faroux. »

Avec beaucoup de courage et malgré leur petite taille, Lacerte, Blarel et Faroux s’engagent sur le chemin, vers le monde des hommes. Ils ont confiance, ils vont chercher les deux sœurs de la prophétie. Mais je n’en dévoilerai pas plus, ce roman est une merveille qui fait beaucoup de bien. Je m’en voudrais de vous priver du fabuleux bien-être de votre lecture 😉

Nature et Féminité

Est-ce un hasard si ce roman est sorti le 8 mars 2022 ?

Les Gnomes nous enseignent un profond respect de la nature à travers leur philosophie de vie où tout est resté authentique. Les Gnomes vivent dans une société matriarcale. Leurs relations avec les autres espèces, animales et végétales, sont surprenantes et pleines de poésie. Les trolls font cependant exception sans pour autant déclencher guerre et violence.

Mais les Gnomes vous offrent un voyage fantasmagorique tel que vous ne l’imaginez pas encore. Leur quête est guidée par leur conscience mais comment retrouver les deux sœurs ? L’auteur parvient à nous montrer la lumière de l’espoir à travers son vocabulaire riche et son style qui nous embarque vers des rencontres animales : l’ours, le cheval ainsi que des personnages qui continuent à vivre en dehors de Darakchan et de son influence maléfique. Ainsi, le lecteur pourra ouvrir sa réflexion sur la liberté, la vie dans tout ce qu’elle peut nous offrir.

Le lecteur découvre l’écart entre la vie de la forêt et celle des hommes (qui ont très probablement oubliés l’existence des Gnomes). Les nouvelles lois avancent de village en village semant le trouble dans cette société patriarcale qui ne semble pas comprendre…

« Vous devez comprendre que brimer les femmes est une façon très efficace d’asservir les hommes. Les guérisseuses, les prêtresses, détiennent le savoir de votre civilisation. »

Vlog

Le rouge ?

Le rouge est affilié à la vie, car la chaleur des tissus est la garantie du vivant :  le besoin de chaleur, le besoin de survivre et de se maintenir en vie, mais aussi le besoin de se reproduire et celui de s’activer et de travailler. Mais à travers les pages du livre, Rouge devient symbole de l’équilibre et de la complémentarité. En réalité, nous, hommes et femmes, sommes complémentaires et nous retrouvons l’équilibre dans cette complémentarité. L’auteur a semé ces réalités entre les lignes de la magie. Où c’est peut-être simplement ce que j’y ai vu et que chaque lecteur recevra un message qui n’est là que pour lui.

Un conte où le dépassement de soi et de nos peurs ouvrent la réflexion sur la vie quotidienne dans notre monde réel. La magie est tout autour de nous si nos yeux s’ouvrent sur la beauté et que la raison laisse place à l’intuition.

Muriel Ferwerda

Mère de famille, éleveuse sur le plateau sauvage de l’Aubrac, passionnée par les cultures anciennes, celtes et médiévales, Muriel Ferwerda est une sorcière. Pas une vieille au nez crochu qui jette de mauvais sorts, non ! Mais de celles qui soignent, qui comprennent, qui osent. Un jour, à son tour, elle a pris la plume, distillant au fil des pages de ses romans les idées qui rendent les jeunes femmes libres..

SimPlement.pro

Je remercie Marathon Éditions pour ce service presse.

Author: Angelique

La lecture est un voyage immobile, une évasion temporaire hors de notre prison, une errance où rien ne saurait nous brider.
Ma meilleure évasion reste ma création : Le Bullet Journal 😉

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