Restaurer la nature et ses multiples fonctions

La semaine dernière, je vous ai parlé de l’importance des arbres. En effet, nous avons repris l’entretien de l’Arboretum de Villevocance pour restaurer la nature et les milieux herbacés. Malheureusement, malgré notre travail, les sols sont régulièrement rasés de toute végétation. Je vais vous exposer les dangers de ces pratiques et proposer des alternatives.

restaurer la nature

Gestion des milieux herbacés

Les milieux herbacés sont :

  • chemins,
  • espaces verts,
  • bords de cours d’eau,
  • bordures d’allées,
  • bords de routes

Nous souhaitons restaurer la nature en ville et ses fonctions multiples. En effet, la nature a une fonction anti-ruissellement, énergétique, thermique, sanitaire (eau, air, bruit, déchets). Mais nous nous engageons dans la prévention de l’usage de produits chimiques.

Une pelouse tondue moins régulièrement et plus haute demande un apport moins élevé en eau. Nous avons connu des périodes de sécheresse et le fauchage au ras du sol est un facteur aggravant.

Les problèmes de la tonte récurrente

Restaurer la nature

La tonte engendre des nuisances sonores et des coûts en carburant ainsi qu’un impact négatif sur la flore. Nous avons remarqué que la tonte élimine les plantes annuelles. De plus, tondre empêche les autres espèces de se reproduire en coupant les inflorescences et limite les espèces présentes aux plantes vivaces.

  • Une tonte rase coupant plus d’un tiers de la feuille des graminées fragilise
    les plantes. Elle les empêche également de développer leur système racinaire et favorise l’installation d’autres espèces indésirables ainsi que de maladies.
  • L’utilisation d’une épareuse détruit tout jusqu’au ras du sol et favorise les
    espèces végétales indésirables des milieux nitrophiles pionniers.
  •  La tonte a également un impact sur la faune : elle détruit les animaux vivant au sol ou dans la végétation par broyage des herbes coupées, l’épareuse détruisant souvent tout jusqu’au ras. Elle aboutit à un milieu homogène, sans fleur et ras, peu propice au refuge, à la reproduction et à l’alimentation de la plupart des espèces.
  • Le non-ramassage des produits de tonte conduit à un enrichissement du sol, ce qui favorise les espèces nitrophiles, augmente le nombre d’interventions nécessaires et altère la biodiversité.
LIRE AUSSI  Nettoyage des espaces naturels - Les déchets dans la nature

Restaurer la nature

Nous proposons des solutions afin de restaurer la nature. Nous fauchons haut (à 10 cm de haut) pour préserver la faune qui vit au pied des plantes ainsi que les rosettes de certaines plantes.

Nos interventions sont limités aux zones les plus fréquentés. Nous gardons des zones qui sont fauchées uniquement deux fois par an. Ces zones préservent la faune et sont fauchées en alternance.
Nous ramassons la végétation tondue pour conserver un milieu pauvre et éviter les plantes nitrophiles et rudérales.
Les bas-côtés de routes, les chemins… sont des zones naturelles constituant des continuités écologiques et parcourant un grand nombre de milieux différents.

L’Arboretum de Villevocance

L’Association a proposé à la municipalité de Villevocance des ateliers de communication auprès du public en utilisant alors des méthodes manuelles (faux et râteaux) ou à traction animale.
Pour restaurer la nature, le pâturage extensif est une alternative pour les grands espaces en herbe. Nos chevaux nous aident dans ce projet.

La présence de nos chevaux est généralement bien perçue par la population qui prend plaisir à les caresser. En respectant un pâturage extensif, les animaux gardent une hétérogénéité de la strate herbacé (herbe haute, broutées ou piétinées) très favorables à la diversité de la faune et la flore (+32% par rapport à la fauche.)

Restaurer la nature et ses multiples fonctions

Restaurer la nature

Les fécès des animaux favorisent les animaux coprophages. Le pâturage se produisant sur l’année, la parcelle n’est jamais homogène contrairement à la mécanisation.
Les animaux n’utilisent pas de carburants fossiles et les rejets de méthane dont ils sont quelquefois accusés se feraient également en cas d’abandon de la végétation sur place ou de compostage.

LIRE AUSSI  La vie sur terre en danger

En conclusion

Les chemins peuvent être un moyen de préserver la biodiversité au sein de la commune (chemins ruraux). En effet, sur les chemins, la bande de roulement ou les bermes situées de part et d’autre de celle-ci servent de refuges à de nombreuses espèces animales et végétales; elles constituent également un maillage du territoire leur conférant un rôle de continuité écologique de première importance.

Malheureusement, les chemins sont souvent gérés intensivement sans raison particulière (plusieurs fois par an) par broyage. Il est montré que la fauche haute est non seulement plus favorable
à la faune mais aussi :

  • moins consommatrice en carburant qu’un broyage…
  • répand moins les espèces indésirables aux cultures comme le brome stérile, Bromus sterilis (une graminée)

Afin de satisfaire l’ensemble des usages (promenade, activité agricole, etc.), mais aussi la continuité écologique et le refuge hivernal pour la faune, il est proposé un entretien en deux temps (maintenant ainsi toujours une zone non fauchée).

Nous espérons une suite favorable à ce projet qui fera l’objet de prochains articles.

Author: Annawenn

Fondatrice Equi Wild, Annawenn est membre de l'Association Maison Écologique et vous invite à découvrir l'écologie avec ses chevaux et son bullet Journal sur https://bujo-addict.fr/blog.

2 thoughts on “Restaurer la nature et ses multiples fonctions

Forum de discussions, donnez-nous votre avis. Nous vous remercions pour votre participation.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.