Le linceul – Apocalypsis : Les secrets du Linceul de Turin

Bonjour à tous, je vous propose aujourd’hui de découvrir un roman de Sébastien Cataldo : Le Linceul – Apocalypsis. J’avoue que si ce livre a un réel intérêt historique, sa présentation générale l’a très probablement dirigé vers un lectorat qui n’est pas le sien. Je vais bien sûr argumenter mes propos dans les lignes qui vont suivre. Mais avant tout, je ne peux que m’incliner devant le travail mené par tous ceux qui cherchent à percer le mystère du Linceul de Turin.

Histoire et personnages

La lecture commence dans un obscur tombeau le 3 avril 33, une introduction qui ouvre la réflexion sur ce qui va suivre…

De nos jours, Déborah vient prier dans son lieu de culte favori. Tête baissée, sa tête se trouve à hauteur des pieds du Christ sur sa croix. Elle se confie devant une autre statue, celle de Jésus, mort dans les bras de Marie. Mais elle remarque une différence qui la vexe : une vérité qu’elle croyait établie, une inexactitude selon Déborah. Elle s’en va en claquant la porte et rentre chez elle pour faire quelques recherches par mots clé : Crucifixion…

« Déborah est chimiste, spécialiste dans les nouveaux matériaux textiles, et contrôle la qualité des échantillons qui lui sont envoyés du monde entier. »

Puisque le prêtre n’a pas de réponse, elle se tourne vers Anthony pour renouveler sa question

« Savoir si après, il y a quelqu’un. Si Jésus est vraiment ressuscité. »

Déborah souffre et elle ne comprend pas la raison de sa souffrance. Dieu l’a trahie. Mais puisqu’elle cherche un visage, Anthony l’oriente sur le Linceul de Turin. Si ce linceul est authentique, que peut-il prouver ?

Déborah semble très croyante et pourtant, elle cherche des certitudes, principalement sur la résurrection. Bien plus que les Saintes Écritures, elle veut une preuve physique et concrète.

La quête de vérité

Déborah se procure tout ce qu’elle peut trouver sur les différentes études du Linceul de Turin. Elle crée un site afin de partager le fruit de ses découvertes. Elle rencontre Monsieur Louvier, un scientifique qui continue, lui aussi, à intéresser au Linceul. Cependant, il ne publie plus la synthèse de son travail.

« La raison d’être de la science. Constater, apprendre, comprendre et justifier. »

L’auteur nous offre, sous forme de roman, des informations tant historiques, que scientifiques sur ce linceul qui a traversé les époque en conservant une part de mystère.

« Vous connaissez la légende d’Abgar d’où est tirée cette image ? Elle commence au début du IIIe siè… »

Déborah en fait une véritable obsession et ira jusqu’aux frontières du possible pour découvrir si elle doit croire ou savoir malgré les éternelles guerres intestines liées à ce linceul.

Le test au carbone 14…

En 1988, on décide de faire ce test. Les résultats sont publiés le 13 octobre, et datent le linceul d’une époque située entre 1260 et 1390. Ce sont les conclusions de trois laboratoires très sérieux, à Tucson, Oxford et Zurich. Les savants du STURP, qui n’avaient pas été associés à l’affaire, ont été très surpris. On s’est donc interrogé. On s’est d’abord aperçu que les résultats bruts n’ont jamais été donnés, et que l’étude a fait l’objet de quatre pages seulement dans la revue de très haut niveau scientifique Nature. On s’est aperçu ensuite qu’il n’y a pas eu de test en aveugle, et que les laboratoires se communiquaient leurs renseignements. Il y a eu quelques manquements au protocole, notamment un quatrième échantillon de contrôle ajouté à la dernière minute. Et, dans les seuls chiffres qui ont été publiés, on a trouvé une discordance importante. Le laboratoire d’Oxford donnait une date comprise entre 1262 et 1312, tandis que Zurich et Tucson entre 1353 et 1384. Vous me direz que c’est assez proche, mais il y a tout de même un trou entre les deux estimations, et le professeur chargé de superviser les travaux a fait la fusion, ce qu’il n’aurait jamais dû faire. (La croix 14/04/2016)

Podcast

Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas croyante mais je me suis toujours intéressée à l’histoire des religions. C’est ce que je vois comme un patrimoine culturel mais c’est aussi une vision éthologique de l’humain. Concernant ce linceul, je me pose une question : celui qui a la foi ne peut-il pas simplement croire ? Pourquoi toujours vouloir prouver et affirmer sa vérité ? S’il faut détruire une relique pour la dater, alors plus rien n’est sacré ?

Je n’ai pas la foi mais j’ai beaucoup de respect pour la liberté et croire fait partie de la liberté de chacun d’entre nous. Et d’ailleurs, si Jésus est réellement venu pour sauver les hommes, il a échoué. Aujourd’hui les hommes se battent pour savoir lequel, de Mahomet ou de Jésus est le véritable prophète. Combien de guerres de religion ? De croisade ? D’explorateurs partis à la découverte d’un nouveau monde pour « convertir » à la foi des peuples qui habitaient ces terres bien avant la venue de l’homme blanc ?

« Parmi tous les “cadeaux” que les Européens ont amenés avec eux en Amérique, et en particulier au Mexique à partir de 1518, les maladies comme la variole, le typhus et la rougeole ont vraisemblablement pris une très large place du fait que les populations autochtones n’avaient (a priori) pas développé d’anticorps, n’ayant pas été exposées (Marr 2000).

Dans les années 1545-1550 une mystérieuse épidémie, d’une ampleur sans précédent, appelée par les Aztèques en langage Nahuatl, “Cocoliztli”, a touché le Mexique. Faisant suite à une épidémie de variole survenue en 1520 qui avait fait entre 5 et 8 millions de victimes, cette épidémie fut l’une des catastrophes démographiques les plus dévastatrices que le monde ait connue, provoquant entre 12 et 15 millions de morts, en seulement 5 années. Elle fut suivie par une deuxième vague de cocoliztli entre 1576 et 1580 qui tua plus de deux millions de personnes (Marr 2000; Acuna-Soto 2002) ».

Et que dire des aborigènes d’Australie, des peuples animistes qui vivaient en harmonie avec la nature avant l’arrivée de l’homme blanc (et des chrétiens), des Celtes… Aujourd’hui encore, des missionnaires ouvrent des écoles pour « l’éducation » des Africains, pauvres à nos yeux. J’estime présomptueux d’imposer sa religion (ou de vouloir absolument prouver que c’est une chimère…). C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre.

Un choix tronqué

J’ai choisi cette lecture qui était présentée comme un thriller et je suis fan de thriller ésotérique. Mais qu’est ce qu’un thriller ?

L’atmosphère des thrillers est en général sinistre et menaçante ; ils présentent le monde et la société comme sombres, corrompus et dangereux. La violence soudaine, les meurtres et les crimes en général y sont nombreux. Ils se déroulent souvent dans des lieux ordinaires (des villes ou des banlieues habituellement tranquilles), mais se tiennent parfois dans des endroits exotiques ou inattendus, et peuvent parfois être totalement fantaisistes ou relevant de la science-fiction. Les personnages des thrillers peuvent être : des criminels, des harceleurs, des assassins, des psychopathes ou psychotiques, des terroristes, des prisonniers, des personnages aux passés troubles, aux mœurs tordus, cyniques ou blasés ; on y trouve aussi des victimes innocentes en cavale, des femmes menacées et des policiers.

Je n’ai rien retrouvé dans ce roman qui puisse correspondre, même juste un peu, à cette catégorie. Je n’avais pas lu la quatrième de couverture avant la lecture, ce qui m’a évité une autre déception. J’ai d’ailleurs interrogé l’auteur sur ces sujets car cette quatrième de couverture ressemble plus à une introduction, Sébastien Cataldo m’explique :

« Oui c’est plus un prologue, vous avez raison. Mais en fait à la base, ce livre est issu d’un scénario d’un long métrage donc j’ai traité la 4e de couverture comme une « bande annonce ». »

Concernant la classification très appuyée par la quatrième de couverture, j’ai aussi posé la question : pourquoi qualifier ainsi ce roman ?

Pour être très franc, j’ai eu du mal à « qualifier » la catégorie du livre. Je savais que c’était un roman, mais je ne savais pas la catégorie précise. J’ai donc demandé aux personnes qui l’avaient lu de me faire des propositions. Le « Thriller » est revenu plusieurs fois. Je vous avoue que je ne souhaitais pas le mettre dans la catégorie « religion » au sens strict, car je trouvais cette catégorie trop « restrictive ». Je souhaitais toucher le maximum de lecteur en indiquant bien que ce n’était pas un livre SUR la religion, mais bien un « roman ».

Ma conclusion

Ce livre a un intérêt pour découvrir les mystères de ce linceul. J’ai réellement fait des recherches de mon coté pour approfondir les thèmes proposés. Mais ce n’était pas un libre choix et c’est finalement, ce qui pourra faire polémique autour de cet ouvrage. L’auteur a-t-il volontairement fait croire au thriller pour attirer plus de lecteurs ou simplement pour que le regard se porte sur ses propres recherches ?

Un emballage qui n’a pas grand chose à voir avec son contenu et quel dommage. Les hommes ont besoin de reconnaissance et c’est ce qui les a toujours divisé. Ce livre n’est qu’un objet de plus dans ce bien étrange phénomène.

Le Vlog

À propos de Sébastien Cataldo

Sébastien Cataldo est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le linceul de Turin dont des livres scientifique, historiques et un roman.

Parallèlement à son activité professionnelle, il a crée en 2008 le site www.linceul-turin.com devenu la référence d’informations sur le linceul de Turin dans le monde francophone.Également conférencier, il a participé et co-présenté des conférences en France, à Monaco, aux USA et au Liban.

Author: Angelique

La lecture est un voyage immobile, une évasion temporaire hors de notre prison, une errance où rien ne saurait nous brider.
Ma meilleure évasion reste ma création : Le Bullet Journal 😉

Que lisez-vous ? Nous aimons partager et bavarder ;)