La mémoire de l’art – Une œuvre littéraire fabuleuse

C’est lundi, un rendez-vous lecture pour les blogueuses littéraires. Aujourd’hui, je partage avec vous La Mémoire de l’Art que j’ai dévoré et que je pourrais relire infiniment. Je vais d’ailleurs jouer avec ma mémoire parce que je l’ai lu il y a quelques temps déjà.

J'ai reçu ce livre avec une superbe dédicace qui m'a beaucoup touchée et j'ai effectivement beaucoup de plaisir dans la lecture de ces aventures. Merci Cyrille Thiers pour ce magnifique cadeau.

Cyrille Thiers se présente

« Raconteur d’histoires depuis toujours, je me suis enfin lancé dans l’écriture fin 2016, quand j’ai découvert le petit monde merveilleux des concours de nouvelles. Quelques petits succès plus tard, j’ai souhaité m’affranchir des contraintes de ces concours pour avoir la possibilité de me lâcher vraiment.

Grand fan de BD, je n’ai pas pu m’empêcher de glisser des clins d’œil à l’œuvre d’Hergé dans certaines histoires, notamment « Le spectre de l’autocar ». Je suis d’ailleurs très fier qu’André Taymans, l’auteur de Caroline Baldwin ait accepté de dessiner la couverture de mon livre.

Plutôt adepte du genre noir ou policier, la principale ambition de mes nouvelles est de surprendre les lecteurs, voire de les dérouter. Suite à l’accueil très positif de mon premier ouvrage (finaliste du Prix Littér’halles 2020 au milieu d’auteurs issus de l’édition traditionnelle), je me suis lancé dans l’écriture de mon premier roman.

« La mémoire de l’art », aventures et mystères dans le monde des grands maîtres de la peinture, sortira en mai 2021. »

Un très beau livre

J’ai reçu ce livre avec une superbe dédicace qui m’a beaucoup touchée et j’ai effectivement beaucoup de plaisir dans la lecture de ces aventures. Merci Cyrille Thiers pour ce magnifique cadeau.

Les premières lignes sont surprenantes mais je vous laisse le plaisir de les découvrir. 

La mémoire de l'art - Une œuvre littéraire fabuleuse

Nous sommes à Paris, le 13 mars 2019, Max Borel a réussi à séparer sa galerie de celle de sa mère qu’il déteste. Enfin, il est libre. Toutes les toiles d’un jeune peintre inconnu ont été vendue dès l’inauguration de l’exposition. Mais Max n’est pas au bout de ses bonnes surprises. Elle s’appelle Louise, elle est belle et Dr en histoire de l’Art.

Ils sont au Louvre où Max admire La Lecture, une toile de Renoir quand il explique qu’il possède chez lui une autre version de ce tableau. Max porte l’histoire de sa famille comme un fardeau, mais il évoque ses souvenirs douloureux et son histoire qui commence en juin 1940.

« Si on a pu compter environ un pour cent de la population dans la résistance en 1944, ce chiffre était probablement bien plus faible au début de la guerre. »

Un héritage difficile

L’héritage de Max provient des acquisitions de son Grand-père maternel et disons que les déportations ont plutôt bien arrangé ses affaires. Mais Louise a été bouleversée par l’histoire d’une dame de quatre-vingt-six ans : Mira. Sa famille fait partie des familles juives spoliées pendant la deuxième guerre mondiale. Mira, petite fille, habitait l’actuelle maison de Max.

Mira, de passage à Paris, est venue voir les toiles récemment confisquées par l’OCBC. Mira a échappé de peu à la déportation mais elle n’a jamais récupérer ses biens. La maison de Max cache bien ses secrets tout comme Louise d’ailleurs. Mira retrouvera-t-elle les toiles de sa famille ?

« Max prit les choses en main. Il chercha dans la bibliothèque deux romans suffisamment récents pour ne pas présenter trop de valeur et surtout, qui avaient la même épaisseurs. Il tendit Musso à Ivan et garda le Levy pour lui. »

Une aventure en deux parties

La seconde partie nous transporte au musée du Louvre, le 25 mars 2019. Max et Louise, suite à leurs découvertes, se questionnent sur l’authenticité d’une œuvre de Johannes Vermeer. Mais je ne vous dirai rien de plus. Vous découvrez (ou redécouvrez) le Louvre et des œuvres qui vous pousseront peut-être à faire des recherches.

Max est un personnage attachant qui s’implique dans une enquête, peut-être un peu pour réparer les « fautes » de ses ancêtres. Louise nous apprend beaucoup sur l’art en général, les pigments utilisés pour les couleurs des peintures. Vous serez peut-être surpris de découvrir la valeur du bleu. Une très belle aventure distrayante et culturelle.

Le musée du Louvre

Quand je vivais à Paris, j’avais la chance d’avoir un passe pour aller au Louvre selon mes envies et les expositions. Alors je suis souvent allée m’inspirer dans ce lieu que je n’oublierai pas. Je me suis toujours demandée pourquoi tous les visiteurs sont capables d’attendre plusieurs heures pour voir La Joconde. Existe-t-il des sociétés secrètes ayant pour mission de protéger notre patrimoine artiste ? Je n’en ai aucune idée mais je n’ai pas exclus cette possibilité. 

« Je te rappelle qu’elle venait tout juste de rejoindre les collections après son incroyable vol en 1911 et c’est d’ailleurs grâce à cette mystérieuse disparition de trois ans qu’elle est devenue le tableau le plus célèbre du monde. »

Les œuvres d’art ont une valeur marchande et je crois que l’homme est capable de tout pour défendre un capital plus qu’un patrimoine historique. Mais qu’elles soient réelles ou pas, elles inspirent des romans qui nous relient avec ce que nos yeux ne voient plus : la beauté.

L’art est aussi une forme d’expression et les artistes nous dévoilent des scènes historiques suivant les époques. Je conseille vivement ce roman et j’ai d’ailleurs très envie de l’offrir à… Je ne peux pas l’écrire ici mais je sais qu’elle en parlera probablement mieux que moi.

Mystère, suspense et amour

L'auteur nous offre une jolie plume et les 394 pages se sont tournées beaucoup trop rapidement. Tous les mystères de l'art m'ont tenue jusqu'à la dernière ligne dans un suspense addictif.

L’auteur nous offre une jolie plume et les 394 pages se sont tournées beaucoup trop rapidement. Tous les mystères de l’art m’ont tenue jusqu’à la dernière ligne dans un suspense addictif. L’amour traverse les pages, que ce soit l’amour de l’art ou la romance des personnages, les mots bien choisis font du bien. Max et Louise se complètent et se posent mutuellement les questions qui ouvrent un à un l’un des nombreux passages de cette enquête. 

Le style d’écriture coupé crée un rythme rapide et vif. Le style est aussi logique dans le raisonnement et la démonstration. Je suis certaine que l’histoire vous laissera un doute 😉 tant l’auteur enrichi ses phrases de faits réels : causes et conséquences. Le tout saupoudré d’une style affectif chargé d’émotions qui déstabilise le lecteur qui voudrait s’enfermer dans la logique de l’histoire de l’art.

« Max n’hésita pas un instant et se saisit religieusement de la mythique planche de peuplier vieille de plus de cinq siècle. L’encadrement, tout en restant dans le style Renaissance, était un peu différent de celui que tout le monde connaissait, mais pour l’œuvre en elle-même, Max n’avait aucun doute. » 

Que l’Art Demeure !

Une histoire basée sur des faits réels

Organisée par le théoricien nazi Alfred Rosenberg, cette spoliation concerne les Juifs (la première collection visée en France est celle des Rothschild) mais aussi des musées et des collections privées dans tous les pays occupés. Les nazis justifient ce pillage par le Kunstschutz, principe de préservation du patrimoine artistique qui va de pair avec un projet de musée allemand gigantesque, le Führermuseum. Adolf Hitler souhaite le faire construire à Linz, ville qu’il considère comme la capitale de l’empire. En fin de compte, ce projet ne verra pas le jour.

Certains États ou particuliers prennent des mesures pour évacuer leurs chefs-d’œuvre avant l’invasion des forces de l’Axe, tel le musée du Louvre, dont les collections sont en partie transférées au château de Valençay. Les nazis utilisent le musée du Jeu de Paume comme dépôt central avant d’orienter les œuvres vers différentes destinations en Allemagne. Une grande partie de ce butin est transférée à la fin de la guerre dans trois mines près de Salzbourg, la plus connue étant la mine de sel d’Altaussee avec plus de 2 000 pièces. Par exemple, c’est dans cette mine qu’a été retrouvé par les Alliés la Madone de Michel-Ange qui avait été enlevée à Bruges en Belgique en 1944.

En France, dès la Libération, les autorités françaises élaborent des textes affirmant la nullité des actes de spoliation intervenus pendant la période d’occupation puis organisent les modalités pratiques de réparations et de restitutions. Un organisme est créé à cet effet : la Commission de récupération artistique (CRA), instituée le . Dotée de deux services spécialisés, l’un pour les œuvres d’art et objets précieux, l’autre pour les livres et les archives, la CRA est chargée, d’une part de recevoir les doléances des familles spoliées et, d’autre part, de diligenter des missions en Allemagne pour tenter de récupérer les biens. Au sein du ministère des Affaires étrangères, elle dépend de l’Office des biens et intérêts privés (OBIP) fondé en 1919 et dont l’objet est de sauvegarder les biens des ressortissants français. Par l’ordonnance du , la CRA est chargée de « recenser et restituer l’ensemble des biens spoliés en France par les occupants et transportés hors du territoire national »

L’OCBC, créé en 1975, est un service d’enquête de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), doté d’une compétence nationale, composé de policiers et de gendarmes. Le trafic illégal de biens culturels demeure, au regard des profits générés, comme un des plus importants trafics mondiaux.

Pleinement engagé dans la lutte contre la criminalité organisée, l’OCBC traite d’enquêtes complexes en matière de vol et de recel de biens culturels mais aussi des affaires de faux, d’escroquerie en bande organisée et de blanchiment de dimension nationale et internationale.
Il intervient notamment dans la lutte contre le pillage et le trafic de biens archéologiques en provenance des zones de conflit, communément appelées «antiquités du sang».

Author: Angelique

La lecture est un voyage immobile, une évasion temporaire hors de notre prison, une errance où rien ne saurait nous brider.
Ma meilleure évasion reste ma création : Le Bullet Journal 😉

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